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C’est un homme de 77 ans qui se présente à la barre. Alain L., chasseur membre de la société de chasse de Fontanes, a été l’auteur, dans l’après-midi du 14 octobre 2018, d’un tir au fusil dont la balle a terminé sa course à deux mètres de hauteur sur le mur d’une maison à Montdoumerc [46].

Comparaissant devant le tribunal correctionnel de Cahors, au motif d’une « mise en danger d’autrui avec risque immédiat de mort ou d’infirmité », l’homme originaire de Toulouse apparaît peu connaisseur des lieux et des conditions de battue, bien qu’il déclare chasser depuis 56 ans.

À la poursuite d’un sanglier

Lors des faits, le prévenu se tient au poste n° 23 du schéma de la battue, isolé dans un chemin. « Théoriquement, on ne doit pas disposer ce poste de tir », introduit Vincent Ramette, le président du tribunal. Alain L. explique qu’un sanglier lâché par ses compagnons de chasse n’a pas suivi le parcours anticipé. « L’animal avait été mis au ferme (tenu par la meute de chiens, ndlr.). J’ai appelé un piqueur et le chef de battue qui m’ont dit de ne pas bouger », raconte le prévenu.

Une fois l’avoir « entendu venir avec les aboiements des chiens », Alain L. tire deux coups de fusil en direction de l’animal. « Après mon premier coup, le sanglier était dans le chemin. Après, comme il passe plus haut, mon deuxième coup est moins fichant (avec une trajectoire au sol et à courte distance, ndlr.) Je n’aurais jamais dû tirer ce deuxième coup », concède-t-il.

« Le film des événements, je me le repasse sans cesse »

Au bout du fusil se trouvera finalement le mur de la maison occupée par Marie-Laure G., présente dans son salon au moment du tir. L’enquête déterminera que le sanglier visé se trouvait alors à 131 mètres de l’habitation, non visible depuis le poste de tir du prévenu du fait de la présence de végétation. Au tribunal, Marie-Laure G. s’avance à la barre, au côté du prévenu qu’elle n’avait encore jamais rencontré. « Pendant dix jours je n’ai plus dormi. Le film des événements, je me le repasse sans cesse », témoigne-t-elle.

L’avocat du prévenu, Maître François Faugère, plaide pour l’« accumulation de fautes » autour de cette battue du 14 octobre 2018. Il rappelle le passé professionnel de son client, 45 ans passés dans l’aviation. Le procureur de la République, Frédéric Almendros, préfère ranger le prévenu dans la catégorie des « personnes très respectables [sic] qui, un jour, vont commettre un délit ».

Il a été reconnu coupable et condamné à payer 1500 € d’amende, en plus d’une interdiction de chasser pendant un an.

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